Contrôle sanitaire en pizzeria : ce que regarde l’inspecteur

Mis à jour le 24 septembre 20269 min de lectureRomain Ferrand — pizzaïolo, 12 ans en camion et en salle

Un contrôle sanitaire en pizzeria est mené sans prévenir par un inspecteur de la DDPP et dure en général une à trois heures. Il commence presque toujours par les documents — plan de maîtrise sanitaire, relevés de température, traçabilité — avant de passer en cuisine. Le résultat est publié sur Alim’confiance, visible par vos clients.

Qui contrôle, et quand

En France, ce sont les services vétérinaires de la DDPP (ou DDETSPP selon les départements) qui inspectent les restaurants. La visite est inopinée, et sa fréquence dépend du risque : un établissement qui a reçu une mauvaise note, fait l’objet d’une plainte ou d’une intoxication sera revu plus vite. Une pizzeria qui n’a jamais vu d’inspecteur n’est pas oubliée, elle est simplement dans la file.

Avant même d’ouvrir, deux obligations conditionnent tout le reste : la déclaration d’activité auprès de la DDPP (formulaire Cerfa n° 13984) et la présence dans l’équipe d’au moins une personne formée à l’hygiène alimentaire (formation de 14 heures).

Le plan de maîtrise sanitaire, premier document demandé

Le PMS est le dossier qui décrit comment vous maîtrisez les risques. On dit souvent « faire son HACCP », mais c’est le PMS que la réglementation exige ; la méthode HACCP n’en est qu’une partie. Pour une pizzeria, il n’a pas besoin de faire cent pages : il doit surtout correspondre à ce qui se passe vraiment dans votre cuisine.

Ce que contient un PMS de pizzeria
PartieConcrètementPreuve attendue
Bonnes pratiques d’hygièneNettoyage, tenue, lavage des mains, nuisiblesPlan de nettoyage, contrat ou suivi anti-nuisibles
Plan HACCPLes étapes à risque : réception, froid, refroidissementRelevés de température, actions correctives
TraçabilitéD’où vient chaque produitBons de livraison, étiquettes, numéros de lot
Gestion des non-conformitésQue faire si un produit est rappelé ou hors limiteProcédure écrite, registre des incidents
FormationQui a été formé, quandAttestation de formation hygiène

Règlement (CE) n° 852/2004, art. 5 ; arrêté du 21 décembre 2009.

Le guide de bonnes pratiques d’hygiène (GBPH) de la restauration, validé par l’administration, sert de modèle : s’en inspirer est accepté, le recopier sans l’adapter se voit tout de suite.

Ce que l’inspecteur regarde en cuisine

Une pizzeria a ses points faibles propres, et un inspecteur expérimenté va droit dessus :

  • La table réfrigérée : la température à la surface des bacs, le couvercle, et ce qui reste dedans d’un service à l’autre. Voir les températures de conservation.
  • Les bacs de pâtons : datés ou non, et depuis combien de temps ils sont là.
  • La farine et la réserve : sacs posés à même le sol, sacs ouverts sans fermeture, traces de nuisibles derrière les palettes.
  • Les produits déconditionnés : une mozzarella sortie de son emballage ou une sauce tomate transvasée sans étiquette ni date est l’un des écarts les plus relevés.
  • Le lave-mains : à commande non manuelle, avec savon et essuie-mains à usage unique, et réellement accessible pendant le service.
  • Le four et ses abords : cendres, stockage du bois, pelles et brosses. Le bois est autorisé pour les pelles s’il est propre et en bon état.

Après le contrôle : note et suites

Niveau Alim’confianceCe que ça signifieSuite habituelle
Très satisfaisantAucune non-conformité ou très mineuresAucune
SatisfaisantNon-conformités mineuresRappel des règles
À améliorerNon-conformités à corrigerAvertissement, contrôle de suivi possible
À corriger de manière urgenteRisque pour la santéMise en demeure, fermeture administrative possible

Dispositif Alim’confiance, ministère de l’Agriculture. Le résultat reste affiché un an.

La note reste visible un an sur Alim’confiance et dans l’application. Un client qui hésite entre deux pizzerias voisines peut la consulter — c’est aussi un argument commercial quand elle est bonne.

Se préparer sans attendre la visite

  • Rangez le PMS, les relevés et les attestations dans un classeur accessible à toute l’équipe, pas dans le bureau fermé à clé.
  • Faites vous-même un tour de cuisine chaque semaine avec les yeux d’un inspecteur : étiquettes, dates, sol, lave-mains.
  • Désignez qui répond si vous êtes absent. Un employé qui ne sait pas où sont les relevés vous coûte autant que des relevés manquants.

Votre site peut être en ligne avant le service de ce soir

Cinq minutes. Sans carte bancaire. Et c’est parti.

Commencer

Pour la partie documentaire la plus souvent incomplète, voir la traçabilité alimentaire en pizzeria.

Sources