Pourquoi les pizzerias devraient reprendre le contrôle de leur commande en ligne

Mis à jour le 11 septembre 20268 min de lecture

Le problème des plateformes n’est pas seulement la commission : c’est qu’elles se placent entre vous et vos clients. Vous ne savez pas qui commande, vous ne pouvez pas les prévenir d’une fermeture, et le jour où les conditions changent, vous n’avez aucun moyen de les joindre.

On a beaucoup écrit sur les 30 % — nous y compris. Mais une pizzeria qui calcule bien peut très raisonnablement décider que la commission vaut le volume qu’elle apporte. Ce raisonnement se tient. Ce qu’il oublie, c’est que la commission n’est pas la seule chose que vous payez.

Ce que vous ne savez pas de vos propres clients

Posez-vous la question honnêtement : combien de vos clients réguliers pouvez-vous joindre demain matin ? Si l’essentiel de vos commandes passe par une application, la réponse est aucun. Vous ne connaissez ni leur nom, ni leur numéro, ni ce qu’ils commandent d’habitude. La plateforme, si.

Ça paraît abstrait jusqu’au jour où ça ne l’est plus. Un dégât des eaux vous ferme trois semaines : vous ne pouvez prévenir personne. Vous changez d’adresse : vos habitués l’apprennent s’ils passent devant. Vous lancez une carte d’hiver : vous n’avez aucun moyen de le dire à ceux qui commandent chez vous tous les quinze jours.

Les conditions changent, et vous l’apprenez après

Une plateforme est un intermédiaire dont les règles vous sont communiquées, pas négociées. Le taux de commission, la visibilité dans le classement, la façon dont une annulation est arbitrée, les promotions auxquelles vous « participez » : tout cela évolue, et rarement dans votre sens.

Ce n’est pas une accusation de mauvaise foi. C’est la mécanique normale d’une place de marché : quand un acteur détient l’accès à la demande, la marge se déplace vers lui. Les restaurateurs qui s’en sortent le mieux ne sont pas ceux qui ont quitté les plateformes — ce sont ceux qui ne dépendent pas d’une seule.

Reprendre le contrôle ne veut pas dire partir

C’est le malentendu le plus courant. « Reprendre le contrôle » ne signifie pas se désinscrire et espérer que les clients suivent — c’est un excellent moyen de perdre du chiffre sans rien gagner. Ça signifie avoir un canal qui vous appartient en parallèle, et le faire grandir lentement.

Concrètement, ça ressemble à ça : votre propre page de commande existe, le lien est sur votre fiche Google, un QR code est sur les boîtes, et vous n’en parlez pas plus que ça. Au bout de six mois, une partie de vos habitués est passée en direct — parce que c’est légèrement moins cher pour eux et que vous êtes le seul à encaisser la différence.

Votre site peut être en ligne avant le service de ce soir

Cinq minutes. Sans carte bancaire. Et c’est parti.

Commencer

L’actif que vous construisez

Une liste de clients qui vous appartient a une valeur qui n’apparaît dans aucun tableau de commission. Elle vaut au moment où vous vendez le fonds, au moment où vous ouvrez une deuxième adresse, et au moment où vous devez traverser un mois difficile sans acheter de la visibilité.

C’est un actif lent. Il ne se construit pas en un trimestre et il ne se rattrape pas non plus le jour où on en a besoin. C’est précisément pour ça qu’il vaut la peine d’être commencé avant d’en avoir besoin.

Le détail du calcul de commission est sur cette page, et la comparaison poste par poste avec Uber Eats sur celle-ci.

Sources